A Camélias hier matin, 10 heures, le personnel de l’antenne réunionnaise de l’Association nationale de prévention de l’alcoolisme et des addictologies(ANPPA) entame une grève pour contester des décisions prises au sein de l’entreprise.
Ce matin, 27 sur 47 personnes ont manifesté. Pour le docteur Patrick Tron, délégué du personnel pour le collège des cadres, cette participation démontre l’inquiétude du personnel, face à son avenir.
Un changement de mutualité et de convention est à l’origine de cette contestation. Michaël Corré, délégué du personnel pour le collège des employés, souligne que le changement de convention qui a eu lieu un peu avant, a fait que beaucoup d’entre eux ont perdu leur ancienneté. Le changement de mutualité a aussi porté préjudice au personnel de l’ANPPA.
Les revendications étaient nombreuses : le rattrapage indiciaire des 22 agents qui ont subi la modification de la convention, la redistribution des budgets économisés depuis la mise en place de la mutuelle d’entreprise, l’application du coefficient correcteur régional sur tous les salaires et la mise en conformité avec la convention des rémunérations des médecins spécialistes. “Nous voulons que le travail et les compétences de l’ensemble des employés soient reconnus”, déclare, Jean-Claude Fanchin, sans hésiter.
La contestation porte ses fruits un peu plus tard dans la journée car la réunion avec la direction permet d’y voir plus clair, notamment, autour de la grille salariale, de la mutuelle, et du dialogue social.
Toutefois, les contestataires demandent à ce que des sanctions soient levées à l’encontre de trois personnes. Éric Mackwitz affirme que l’apaisement du climat social en dépend. La direction locale ajoute que le cas sera rapporté devant la direction nationale.
Dans l’après-midi, la direction de l’action sanitaire et sociale, soulève toute ambiguïté à propos du schéma d’addictologie, en affirmant qu’il n’y aura pas de restrictions budgétaires. « On nous a même dit que le budget 2010 sera reconduit à l’identique. On nous a promis une mise en réseau des moyens et non une concurrence. Nous prenons acte », affirme le délégué de la CGTR, en ajoutant que la vigilance reste de mise.
Selon la MSA ( Mutuelle sociale agricole), qui est la caisse pivot pour l’ensemble des 17 hôpitaux locaux du Languedoc-Roussillon, le cas du patient, Joseph Garcia n’est pas unique. C’est un problème récurrent que rencontrent beaucoup d’hôpitaux locaux de petites tailles. Ces hôpitaux reçoivent une dotation forfaitaire. Autrement dit, ils ont un budget fermé qui ne peut être dépassé.
Ce n’est pas applicable aux centres hospitaliers qui sont sujets à la tarification d’activité depuis la réforme de la loi de financement de la Sécurité sociale en 2004. Cette loi a transformé plusieurs articles du code de la Sécurité sociale et du code de la santé publique afin d’introduire la réforme de la tarification. La tarification à l’activité(T2A) a pour but de déterminer l’allocation des ressources aux établissements de santé publics et privés sur le volume et la nature de leur activité, évaluée par le Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI).
Ce cas figure parmi de nombreux autres, en Languedoc-Roussillon. Le dossier de Joseph Garcia fera l’objet d’une rencontre, la semaine prochaine, axée sur les problèmes de budgets auxquels font face les petits hôpitaux locaux quand ils sont confrontés à des thérapies très lourdes et onéreuses.
La MSA n’a qu’un rôle de conseiller et ne peut pas prendre des décisions qui sont du ressort de l’agence régionale d’hospitalisation. Un représentant de la MSA, a dit qu’il est temps de trouver des solutions à ce problème. « Il faut trouver des solutions, pas seulement pour ce patient dont je ne connais pas le dossier dans le détail, mais pour l'ensemble des gens dans ce cas », a-t-il souligné.


