La Sécurité sociale se désengage de plus en plus dans le remboursement des dépenses de santé des français. Face à l’échec des réformes de la Sécurité sociale qui a provoqué un recul de la protection sociale, la Mutualité veut revoir ses modes d’intervention dans le système de santé. Pour aider les français, la mutualité a décidé d’aller au-delà de son rôle traditionnel en assurant les remboursements complémentaires et gérer des établissements sanitaires et sociaux. Lors du congrès de l’Union des mutuelles de cheminots, le 8 octobre, Jean-Paul Panzani, président de la Fédération des mutuelles de France et vice-président de la Mutualité française a déclaré que les mutuelles doivent changer de logiciels pour s’adapter au temps.
A travers le projet santé mutualiste, la mutualité veut accompagner ses adhérents dans leurs démarches de santé avec une démarche de proximité, globale et cohérente, avant les soins en encourageant la prévention et l’éducation à la santé, pendant les soins en guidant les patients dans le système de soins, et après, en leur offrant un accompagnement qui correspond à leurs besoins.
Pour cette mise en place, plusieurs dispositifs ont vu le jour, notamment une plate-forme téléphonique et bientôt un site internet qui permettra aux patients et leur famille de trouver des informations utiles sur les soins et les meilleurs établissements, selon la nature des soins avec les tarifs les plus intéressants. Les autres nouveautés sont des rencontres, conférences et ateliers qui informeront les mutualistes sur les questions de santé, et sensibiliseront à la prévention. Les patients et leurs familles auront aussi la possibilité de s’exprimer dans des groupes de parole pour ne pas être seul face à la maladie.
Les complémentaires, mutuelles, assurances et institutions de prévoyance se sont groupées au sein de l’Unocam (Union nationale des organismes d’assurance-maladie complémentaire) en 2009. L’Unocam a fait à la ministre de la Santé des propositions pour le budget 2010 de la Sécurité sociale alors que la mutualité demandait un grand débat sur le financement de ce budget.
La Caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM) et les médecins généralistes des Landes ont mis au point un nouveau dispositif pour permettre à 5 000 landais, un plus grand accès à des soins de santé. La Caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM) et les médecins généralistes des Landes viennent de signer un accord en faveur de personnes, ne pouvant se permettre des soins de santé pour des raisons de précarité. Ce protocole expérimental qui entre en vigueur le 1er novembre, vise à donner à des patients ayant des difficultés sociales et financières, l’accès au tiers payant sur simple demande de leur médecin.
Cela n’était possible jusqu’à présent que pour les bénéficiaires du la Couverture maladie universelle complémentaire (CMUC), de l'Aide à la complémentaire santé et de l'Aide médicale d'État. Cette mesure concernera aussi désormais des assurés résidant en établissement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), les majeurs qui sont sous la tutelle de l’Udaf, les enfants dépendant de l’Aide sociale à l’enfance ou les assurés faisant face à des difficultés passagères.
Corinne Gaillegue, responsable du service des relations avec les professionnels de santé à la CPAM des Landes, souligne que 5 000 landais, dépendant du régime général, de la MSA et du régime des indépendants bénéficieront de cette aide. Le médecin traitant occupe une place importante dans la mise en application du protocole car c’est lui qui fera la demande sur le site de la CPAM pour que les personnes, dont il connaît les problèmes, notamment de santé, financiers et familiaux, puissent bénéficier de cette mesure.
Sur les 22 € que coûte la consultation, le patient sera dispensé de faire l’avance des 15,40 € de part obligatoire, pris en charge directement par l'Assurance-maladie et ne paiera que la part complémentaire, soit 6,60 €. Ce protocole d’une durée d’un an, fera l’objet d’une évaluation au bout de trois et six mois. « Il s'agira de voir si cette mesure entraîne une inflation sur la consommation de soins ou pas », ajoute Corinne Gaillegue.
Le CPAM et les médecins généralistes landais ont voulu se pencher sur ce phénomène qui est en hausse depuis le début de la crise économique : les difficultés de se soigner auxquelles font face les assurés qui dépassent de peu le seuil qui leur permettrait de bénéficier de la CMU et des autres aides. Le docteur Jean- Claude Darracq-Paries, représentant des professionnels de santé à la commission paritaire de la CPAM déclare que les gens qui travaillent et qui ont même une mutuelle ont du mal à joindre les deux bouts. Sortir la somme de 22€ peut mettre leur budget en péril. Les conséquences sont telles qu’ils retardent le moment d’accéder à des soins médicaux. D’autres et cela est de plus en plus fréquent, se présentent aux soins d’urgences dans des cas qui ne me méritent pas, sachant qu’ils n’auront rien à payer. Cela ne fait qu’engorger des services hospitaliers, déjà surpeuplés. Cela n’arrange rien au déficit de la Sécurité sociale. Jean-Claude Darracq-Paries ajoute que la CPAM et les médecins généralistes espèrent que ce protocole, qui n’entraîne aucune dépense supplémentaire pour l’Assurance Maladie, va porter ses fruits. D’autres CPAM de la région, dont celles des Pyrénées-Atlantique et du Lot-et-Garonne semblent être intéressées par cette initiative.


